Charges de Copropriété impayées :

le recouvrement par Huissier de justice

Lorsqu’un bien immobilier est rĂ©parti entre plusieurs propriĂ©taires, qui jouissent privativement chacun d’un ou plusieurs lots, on parle de “CopropriĂ©tĂ©”, soumise Ă  un statut lĂ©galement encadrĂ© par la Loi du 10 juillet 1965 et son dĂ©cret d’application du 17 mars 1967. Parmi les sujets de tensions dans une CopropriĂ©tĂ©, celui des charges de copropriĂ©tĂ© impayĂ©es et de leur recouvrement est rĂ©current.

A quoi correspondent les charges de Copropriété impayées ? Sont elles exigibles ? Et Comment recouvrer les charges de copropriété impayées en faisant appel à un Huissier de Justice (Commissaire de justice depuis le 01/07/2022) ?

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Charges de copropriété impayées : de quoi parle-t-on ?

La loi de 1965 dĂ©finit Ă  l’article 10 les charges dont les copropriĂ©taires sont redevables. Il s’agit des dĂ©penses nĂ©cessaires Ă  l’entretien et au bon fonctionnement de tous les Ă©quipements de l’ensemble immobilier dans son ensemble :

Les copropriĂ©taires sont tenus de participer aux charges entraĂ®nĂ©es par les services collectifs et les Ă©lĂ©ments d’Ă©quipement commun en fonction de l’utilitĂ© objective que ces services et Ă©lĂ©ments prĂ©sentent Ă  l’Ă©gard de chaque lot, dès lors que ces charges ne sont pas individualisĂ©es.

Ils sont tenus de participer aux charges relatives Ă  la conservation, Ă  l’entretien et Ă  l’administration des parties communes, gĂ©nĂ©rales et spĂ©ciales, et de verser au fonds de travaux mentionnĂ© Ă  l’article 14-2-1 la cotisation prĂ©vue au mĂŞme article, proportionnellement aux valeurs relatives des parties privatives comprises dans leurs lots, telles que ces valeurs rĂ©sultent des dispositions de l’article 5.

Le règlement de copropriété fixe la quote-part afférente à chaque lot dans chacune des catégories de charges et indique les éléments pris en considération ainsi que la méthode de calcul ayant permis de fixer les quotes-parts de parties communes et la répartition des charges.

Lorsque le règlement de copropriĂ©tĂ© met Ă  la seule charge de certains copropriĂ©taires les dĂ©penses d’entretien et de fonctionnement entraĂ®nĂ©es par certains services collectifs ou Ă©lĂ©ments d’Ă©quipements, il peut prĂ©voir que ces copropriĂ©taires prennent seuls part au vote sur les dĂ©cisions qui concernent ces dĂ©penses. Chacun d’eux dispose d’un nombre de voix proportionnel Ă  sa participation auxdites dĂ©penses.

Le règlement de CopropriĂ©tĂ© comporte l’Ă©tat de rĂ©partition des charges qui servira de document de rĂ©fĂ©rence pour le syndic lors du calcul des charges et des appels de fonds (article 1er du dĂ©cret de 1967).

Cet Ă©tat dĂ©finit les diffĂ©rentes catĂ©gories de charges et distingue celles affĂ©rentes Ă  la conservation, Ă  l’entretien et Ă  l’administration de l’immeuble, celles relatives au fonctionnement et Ă  l’entretien de chacun des Ă©lĂ©ments d’Ă©quipement communs et celles entraĂ®nĂ©es par chaque service collectif.

L’Ă©tat de rĂ©partition des charges fixe la quote-part qui incombe Ă  chaque lot dans chacune des catĂ©gories de charges .

Il précise les éléments pris en considération et la méthode de calcul :

1° Proportionnellement aux valeurs relatives des parties privatives comprises dans chaque lot concernant les charges relatives Ă  la conservation, Ă  l’entretien et Ă  l’administration des parties communes ;

2° En fonction de l’utilitĂ© objective que les services et Ă©lĂ©ments d’Ă©quipement commun prĂ©sentent Ă  l’Ă©gard de chaque lot concernant des charges entraĂ®nĂ©es par lesdits services et Ă©lĂ©ments, dès lors que ces charges ne sont pas individualisĂ©es.

Il reviendra au Syndic, et lui seul, puisqu’il assure la gestion comptable et financière de la CopropriĂ©tĂ© :

  • d’Ă©tablir le budget prĂ©visionnel en concertation avec le conseil syndical, les comptes du syndicat et leurs annexes, de les soumettre au vote de l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale ;
  • de mettre Ă  disposition des copropriĂ©taires les pièces justificatives des charges avant l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale ;

VotĂ©es collectivement par l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des copropriĂ©taires, les charges deviendront alors exigibles auprès de chacun d’eux :

  • s’agissant de l’exercice approuvĂ© lors de l’AG, si les provisions prĂ©cĂ©demment versĂ©es sont insuffisantes, le Syndic appellera la somme manquante (et en cas d’excĂ©dent reversera le trop-perçu) ;
  • s’agissant du budget prĂ©visionnel votĂ© lors de l’AG, le syndic procèdera aux appels de fonds trimestriels, sous forme de “provisions” jusqu’Ă  l’AG annuelle suivante ;

Lorsqu’on parle de charges de copropriĂ©tĂ© impayĂ©es, on vise donc toutes les charges rĂ©clamĂ©es par le Syndic, après vote de l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale, concernant le reliquat de l’exercice approuvĂ©, et les appels trimestriels de provisions pour l’exercice en cours.

Si les mandats de syndic prĂ©voient des facturations pour les “mises en demeure”,  “transmission du dossier Ă  l’Huissier”, “suivi du contentieux”, force est de constater que les Syndics, professionnels ou bĂ©nĂ©voles, ne savent pas procĂ©der au recouvrement des charges de CopropriĂ©tĂ© impayĂ©es.

Le rĂ©flexe des syndics professionnels est souvent d’envoyer une mise en demeure, puis le temps passant et sous pression du Conseil Syndical, de se dĂ©barrasser du dossier en envoyant Ă  un Avocat. Les Syndics bĂ©nĂ©voles, eux, s’agissant gĂ©nĂ©ralement de toutes petites CopropriĂ©tĂ©s, sont encore plus dĂ©semparĂ©s.

Le recouvrement des charges de copropriété impayées

Le recouvrement des charges de copropriĂ©tĂ© doit ĂŞtre effectuĂ© de façon rĂ©gulière, sans attendre que l’addition atteigne des milliers d’euros.

Pour le copropriétaire en impayé, plus la somme sera importante, plus difficile sera le retour à une situation normale.

Pour la CopropriĂ©tĂ© elle-mĂŞme, plus le nombre d’impayĂ©s augmente, plus le risque de difficultĂ© de trĂ©sorerie est important.

Une copropriĂ©tĂ© est considĂ©rĂ©e en difficultĂ© si, au moment oĂą elle arrĂŞte les comptes annuels, les impayĂ©s atteignent 25 % des sommes exigibles si elle comprend jusqu’Ă  200 lots de copropriĂ©tĂ©: Partie de bâtiment comportant obligatoirement une partie privative et une quote-part de parties communes (15 % si elle comporte 201 lots et plus) (article 29-1 A de la Loi du 10 juillet 1965).

L’Huissier de Justice (devenu Commissaire de justice depuis le 01/07/2022), est le spĂ©cialiste du recouvrement amiable et judiciaire. Notre Ă©tude intervient donc rĂ©gulièrement pour des Syndics soucieux d’agir au mieux en terme d’efficacitĂ© sans pour autant se lancer dans des procĂ©dures judiciaires couteuses devant le Tribunal.

Notre première intervention commencera toujours par une phase amiable extrajudiciaire. Cela permet de recouvrer des charges impayĂ©es soit par un paiement immĂ©diat, soit par la mise en place d’un Ă©chĂ©ancier.

Ensuite seulement, en accord avec le Syndic, nous poursuivons la procĂ©dure de façon judiciaire, tout en restant l’interlocuteur unique du Syndic, ce qui permet de garder la main sur la procĂ©dure et minimiser les frais engagĂ©s.

En effet, bien souvent le rĂ©flexe des Syndics est d’envoyer le dossier de charges impayĂ©es Ă  un Avocat pour procĂ©der Ă  une assignation devant le Tribunal Judiciaire. Cela sĂ©curise le Syndic, mais n’est pas le meilleur des rĂ©flexes. La procĂ©dure par assignation sera longue (minimum 6 mois), et couteuse avec des frais d’Avocat qui ne seront pas rĂ©cupĂ©rables sur le copropriĂ©taire en dĂ©faut de paiement (1000 Ă  2000€).

L’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965 Ă©nonce en effet :

Sont imputables au seul copropriétaire concerné :

a) Les frais nĂ©cessaires exposĂ©s par le syndicat, notamment les frais de mise en demeure, de relance et de prise d’hypothèque Ă  compter de la mise en demeure, pour le recouvrement d’une crĂ©ance justifiĂ©e Ă  l’encontre d’un copropriĂ©taire ainsi que les droits et Ă©moluments des actes des huissiers de justice et le droit de recouvrement ou d’encaissement Ă  la charge du dĂ©biteur ;

Ainsi, les honoraires dĂ©pensĂ©s auprès d’un Avocat resteront systĂ©matiquement Ă  la charge de l’ensemble des CopropriĂ©taires.

Le recouvrement des charges de copropriété impayées par Huissier de justice

Première étape de notre process de recouvrement des charges de copropriété impayées : la sommation de payer signifiée par Huissier.

Cette sommation est une mise en demeure par acte extrajudiciaire, c’est Ă  dire que l’un de nos Huissiers de justice, ou un clerc, se dĂ©place au domicile du CopropriĂ©taire en impayĂ©. L’objectif est double : de façon formelle et indiscutable, le CopropriĂ©taire est mis en demeure de payer, et par ailleurs ce dĂ©placement permet une prise de contact avec le CopropriĂ©taire, dans le but de trouver une solution amiable.

Rien ne bouge, le CopropriĂ©taire ne paye pas : un mois plus tard, conformĂ©ment Ă  l’article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965 :

A dĂ©faut du versement Ă  sa date d’exigibilitĂ© d’une provision, et après mise en demeure restĂ©e infructueuse passĂ© un dĂ©lai de trente jours, les autres provisions non encore Ă©chues en application du mĂŞme article 14-1 ainsi que les sommes restant dues appelĂ©es au titre des exercices prĂ©cĂ©dents après approbation des comptes deviennent immĂ©diatement exigibles.

Concrètement, au moment de passer Ă  une phase judiciaire, et afin de protĂ©ger la CopropriĂ©tĂ© pour qu’elle ne doive pas entreprendre chaque trimestre une nouvelle procĂ©dure, le lĂ©gislateur a prĂ©vu que toutes les sommes dĂ©jĂ  votĂ©es, mĂŞmes non encore exigibles, le deviennent.

Nous dĂ©posons alors une requĂŞte en injonction de payer devant le Tribunal de ProximitĂ© (crĂ©ance infĂ©rieure Ă  10.000 €), ou le Tribunal Judiciaire (crĂ©ance supĂ©rieure Ă  10.000€). GĂ©nĂ©ralement, en 1 Ă  2 mois, nous obtenons alors une ordonnance d’injonction de payer, lĂ  oĂą une procĂ©dure par assignation prendra minimum 5 mois.

Grâce Ă  notre intervention, et pour moins de 300 €, nous procĂ©dons Ă  la phase amiable, puis Ă  la prise d’un titre exĂ©cutoire devant le Tribunal. L’ensemble de ces frais sont rĂ©percutables sur le CopropriĂ©taire dĂ©faillant.

Le recouvrement judiciaire des charges de copropriété

Lorsqu’un titre exĂ©cutoire aura Ă©tĂ© obtenu, par nous-mĂŞmes par la procĂ©dure ci-dessus, ou bien par un Avocat en obtenant un jugement, nous procĂ©derons Ă  la mise en oeuvre de façon classique des procĂ©dures de saisie :

  • la saisie attribution permettra de procĂ©der Ă  une saisie des comptes bancaires du copropriĂ©taire, ou bien mĂŞme des loyers entre les mains de son locataire ;
  • la saisie-vente permet de saisir le mobilier puis de le vendre aux enchères ;
  • la saisie des rĂ©munĂ©rations (salaires, pensions de retraite, allocations chĂ´mage);
  • la saisie de vĂ©hicule (carte grise et/ou enlèvement du vĂ©hicule lui-mĂŞme);
  • et pour les cas extrĂŞmes, c’est Ă  dire quand le montant des charges de copropriĂ©tĂ© impayĂ©es est Ă©levĂ© et qu’aucune issue n’est envisageable, la saisie immobilière, afin de vendre aux enchères le lot de copropriĂ©tĂ© du copropriĂ©taire dĂ©faillant ;

Vous souhaitez nous confier votre dossier ?

Rien de plus simple, vous pouvez utiliser notre formulaire de contact en cliquant ici

Vous pouvez également commander directement en ligne le commandement de payer les charges de copropriété pour lancer la procédure.

Quelle différence entre Copropriété et ASL (Association Syndicale Libre) ?

L’Association Syndicale Libre (ASL) a pour but de rĂ©unir des propriĂ©taires pour construire, entretenir ou gĂ©rer des ouvrages, rĂ©aliser des travaux, ou encore exercer des actions d’intĂ©rĂŞt commun (prĂ©vention de risques naturels ou sanitaires, amĂ©nagements ou entretien de voies d’accès, cours d’eau, mise en valeur des propriĂ©tĂ©s).

L’ASL est distincte de la CopropriĂ©tĂ©, elle est rĂ©gie par l’Ordonnance n° 2004-632 du 1 juillet 2004. Son mode de fonctionnement se rapproche fortement de celui de la CopropriĂ©tĂ©.

Au sein d’un ensemble immobilier, peuvent ainsi coexister un Syndicat des CopropriĂ©taires, et une Association Syndicale Libre.

L’ASL ne gèrera que le foncier (pas les immeubles bâtis), et par exemple au sein d’un ensemble immobilier comprenant des maisons ou des immeubles, elle gèrera les voies de circulation, ou encore les espaces verts.

Le recouvrement des charges d’ASL suit la mĂŞme logique que celui des charges de CopropriĂ©tĂ© : un budget est votĂ©, des charges sont appelĂ©es trimestriellement ou semestriellement, et notre Etude d’Huissiers intervient avec le mĂŞme process.

L’Hypothèque lĂ©gale du Syndicat des CopropriĂ©taires

Le Syndic peut prendre une hypothèque Ă  l’encontre du copropriĂ©taire qui ne paye pas ses charges de copropriĂ©tĂ©, et ce sans avoir Ă  solliciter une autorisation en AG.

L’article 19 de la Loi du 10/07/1965 prĂ©voit que : Les crĂ©ances de toute nature du syndicat Ă  l’encontre de chaque copropriĂ©taire sont, qu’il s’agisse de provision ou de paiement dĂ©finitif, garanties par une hypothèque lĂ©gale sur son lot.

L’article 2418 du Code civil prĂ©voit quant Ă  lui que par exception, l’hypothèque lĂ©gale du Syndicat des CopropriĂ©taires est dispensĂ©e d’inscription. Elle prime toutes les autres hypothèques pour l’annĂ©e courante et pour les deux dernières annĂ©es Ă©chues.

Ainsi, aucune inscription d’hypothèque n’est requise pour les charges de l’annĂ©e en cours et les deux prĂ©cĂ©dentes, mais sera indispensable pour les charges antĂ©rieures. Une fois un titre exĂ©cutoire obtenu, il sera toujours possible d’inscrire une hypothèque en vertu de ce titre, valable 10 ans.

Notre Etude procède aux formalitĂ©s prĂ©alables (mise en demeure par sommation) puis Ă  l’inscription de l’hypothèque lĂ©gale au profit du Syndicat des CopropriĂ©taires, ou bien Ă  l’hypothèque judiciaire en vertu du titre exĂ©cutoire.